
Maman d'un petit garçon de deux ans et demi, consultante en sommeil pédiatrique certifiée Baby-Led Sleep. J'accompagne les familles dans les nuits difficiles. On ne laisse pas pleurer, jamais, et ça n'est pas négociable.
Mon fils s'est réveillé toutes les nuits jusqu'à ses deux ans. Aujourd'hui c'est moins régulier, mais on est loin des nuits complètes.
À neuf mois, on m'a dit d'arrêter de le prendre dans les bras. Méthode de la chaise : tu t'assois à côté du lit, tu restes, tu ne le touches plus, et surtout plus de biberon la nuit. C'était vendu comme une méthode « douce » (le mot fait beaucoup de travail dans cette phrase).
J'ai tenu quelques nuits. Enfin, « tenu ».
Et puis il y a eu cette nuit de septembre. Quarante-cinq minutes debout à le bercer, des tours dans l'appartement, j'ai même fini par faire des squats parce que ça marchait mieux. Je regardais par la fenêtre en me demandant pourquoi ça m'arrivait à moi. Lui, je ne le regardais pas. J'essayais de tenir, c'est tout. Et à un moment j'ai eu envie de lui crier dessus.
Mon conjoint s'est levé. Il a dit un mot : stop.
On lui a donné son biberon, on l'a mis dans notre lit, on a dormi.
Le lendemain matin je me suis sentie nulle. Mauvaise mère, très exactement. Et en même temps j'avais sa joue collée contre la mienne, et c'était le seul endroit où j'allais bien depuis des semaines. On s'est dit : on a besoin de dormir, on dormira comme on peut.
Ce qui m'a sortie de la honte, ce n'est pas la formation. C'est d'avoir lu d'autres familles qui racontaient exactement la même nuit. De découvrir qu'on était des milliers à faire des squats à trois heures du matin en se croyant seule à échouer.
Aujourd'hui je remercie mon fils d'avoir tenu bon ce soir-là. Il a refusé quelque chose que j'étais en train d'accepter.
Ce que je faisais avant
J'ai passé des années sur une thèse d'histoire, sur le Cambodge ancien (oui, aucun rapport, j'assume). Ce que ça m'a appris : croiser les sources, et repérer quand une affirmation est simplement recopiée depuis cinquante ans sans que personne soit allé vérifier.
C'est devenu utile plus vite que prévu. Le sommeil du bébé, c'est un domaine où énormément de choses circulent d'un compte Instagram à l'autre sans qu'on sache d'où elles sortent. Les fenêtres d'éveil au quart d'heure près, les régressions à telle semaine. Quand je t'affirme quelque chose, je peux te dire d'où ça vient. Et quand je ne sais pas, je te le dis aussi.
Ce que je ne te promets pas
Des nuits complètes. Moins de réveils, ça oui, souvent (quand il n'y a pas d'enjeu médical derrière). Et surtout tu comprends ce qui se passe chez toi, ce qui change tout pour accompagner ton bébé.
Quand on se parle pour la première fois, ma première question porte sur toi. Est-ce que tu manges. Depuis combien de temps tu n'as pas dormi plus de trois heures d'affilée. Parce que si tu en es là, aucun plan ne tiendra, et on commencera par tout autre chose.
Les bébés ne se réveillent pas « pour rien ». Ils ont un système nerveux immature, des besoins réels, une biologie qu'on ne court-circuite pas avec une méthode.
Les pleurs sont toujours un signal. On les entend, on y répond.
Je me méfie beaucoup de l'étiquette « méthode douce ». Deux minutes derrière la porte à chaque fois, ça reste du laisser-pleurer, même si personne ne chronomètre à voix haute.
Si tu t'es reconnue quelque part là-dedans, écris-moi. Trois lignes suffisent, tu n'as rien à préparer.